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Valorisation des mets traditionnels Version imprimable Suggérer par mail
14-07-2010

Gasanu relève le défi

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L'APEJ vient de mettre en place des kiosques pour la promotion et la valorisation des mets ou entremets traditionnels.

Le gouvernement dans sa politique de lutte contre la pauvreté et le chômage accorde une place de choix à l'emploi des jeunes. Il a  initié le Programme Emploi Jeunes exécuté par l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ).
Le programme de valorisation des mets et entremets traditionnels du Mali dans le District de Bamako a été conçu et appliqué sur le terrain comme phase-test.  Ce projet a indiqué la coordinatrice de l'Apej pour le district de Bamako, Mme Gakou Alima Danfakha, joue un rôle d'incubateur. La première justification de l’étude est économique. Elle concerne  la mise en place du projet par des jeunes capables d’innover le secteur à Bamako. Du point de vue de la coordinatrice, notre pays à travers le projet "Gasanu" (cuisine propre) tire de nombreux avantages dont la création d'emplois, l’acquisition de techniques et de technologies grâce à un transfert de savoir faire. Ces facteurs concourent à la satisfaction du marché et des consommateurs maliens. Il est positif de travailler à une plus grande amélioration des prestations au niveau de la filière. Cet objectif sera atteint à travers l’instauration de mesures adéquates, qui garantiront la qualité des prestations. Il faudra aussi noter l'accroissement des revenus de l'État à travers les impôts, vignettes et taxes ainsi que la création et l’augmentation des revenus d’autres activités connexes liées aux prestations (mets). Pour la réalisation effective  de ce projet utile aux consommateurs a expliqué la coordinatrice, l'Apej a impulsé la mobilisation  de partenaires comme le centre Aoua Keita et le projet BIT/MPE- Bara Ni Soro.

Le réseau "Gasanu" est une réponse adéquate à l'insertion sur le marché de l'emploi des  cuisinières  diplômées du Centre Aoua Keïta. Les constats confirment qu'un faible pourcentage des cordons bleus fraîchement émoulus travaille dans certains hôtels de la place. La majorité des jeunes filles formées sont sans emploi. Faute de moyens elles n'arrivent pas à s'installer à leur propre compte. Ce projet  valorisera certains mets ou entremets traditionnels occupant une place de choix dans le secteur des aliments produits et vendus dans la rue. Les restaurants de fast food "Gasanu" diversifieront et  amélioreront les conditions technologiques de production et d'hygiène de ces repas consommés sur place ou à emporter. Quel bonheur que d'arriver  à résorber le taux de chômage des jeunes cuisinières professionnelles  dans le domaine de l'hôtellerie.

La mise en œuvre de cette activité  apportera  une solution aux multiples problèmes liés à la vente des repas en plein air dans les  rues des villes maliennes, a soutenu  Mme Gakou Alima Danfakha.  Elles sont pour le moment  six filles à avoir bénéficié du projet.   Nous sommes allés tailler un brin de causette avec ces filles. Les Bamakois ont depuis quelque mois constaté l'installation des pittoresques kiosques "Gasanu". Ils font le bonheur de milliers de passants et des employés de bureaux, des petits vendeurs.

À la vue de ces kiosques, le client est  séduit par le décor et l'hygiène. L'endroit est assaini. Les produits à vendre sont mieux couverts ou emballés dans du papier aluminium. Les clients peuvent sans risque consommer les produits provenant de ces kiosques. Mme Bibatou Famanta, est bénéficiaire du projet "Gasanu".  Son kiosque est installé au beau milieu de la cour du centre Aoua Keïta. Elle a longuement évoqué le stage de formation. Ces sessions ont permis de mieux cibler la clientèle et de coller la théorie à la pratique. Bibatou raconte qu'après les stages, les futures bénéficiaires de "Gasanu" ont  élaboré leur plan d'affaire assorti d'une étude de marché. Ces plans d'affaires ont été transmis par l'Apej aux institutions financières pour obtenir un financement.
La méthodologie des kiosques consiste  à maîtriser la préparation des spécialités à  base des céréales locales.

Respect des normes d’hygiène
Les stagiaires sont formées dans le respect des normes d’hygiène. Le réseau  développera une réelle stratégie de marketing. Il mènera des actions promotionnelles pour attirer le maximum de clientèle. Bibata vend dans son kiosque au grand plaisir de la population du  "n’komi", "haricot",  "fari",  "akra",  chofroufrou,  diouka,  froufrou,  "tacoula",  "didegue" et le "fari bibass" une recette personnelle de la promotrice.  Elle est faite à  base du "Fari" mélangé à de la  viande hachée, du poulet haché et du poisson haché selon le choix du client. Ce plat indique est le plus prisé. Les  plats sont préparés à base de haricot, du fonio,  de mil et  de la pâte d'arachide. Un plat  coûte 500 FCFA contre 250 FCFA pour un demi-plat. Elle travaille sur commande généralement. Notre interlocutrice affirme  qu'elle peut gagner  jusqu'à 500 000 FCFA par semaine. Les clients arrivent de plusieurs grandes administrations et services publics.  En dehors des commandes, Bibata peut vendre entre 5 000 à 6 000 FCFA par jour. Mme Fatou Djiré aussi est bénéficiaire du projet "Gasanu". Elle est implantée à Hamdallaye Aci juste derrière la Sonavie en face du rond point dédié au président Kwamé Khrumah. Comme notre première interlocutrice, Fatou vend toute la gamme des mets ou  entremets traditionnels. " À la demande de mes clients, je vends aussi du riz avec sauce et du tô" a t-elle expliqué. Notre interlocutrice a la chance de ravitailler  certains départements ministériels et grandes entreprises de la place. Les commandes de ses partenaires apportent un sacré pactole à Fatou. Elle termine la semaine avec pas moins de 200 000 Fcfa dans la caisse. La recette journalière  varie entre 25 000 et 30 000 Fcfa.

Indépendante
L'avantage de cette activité selon Fatou Djiré est qu'elle est sa propre patronne.  " C'est fini pour moi le chômage. Grâce à "Gasanu". Je peux dire que je serai désormais à l'abri des besoins" dit-elle souriante. Le seul problème de notre interlocutrice  est le non accès à l'électricité. Le jour où elle va bénéficier des services de l'EDM-sa, elle commencera à vendre des sachets de jus que les clients ne cessent de réclamer. "  L'électricité favorisera les ventes de nuit et j'augmenterai mes revenus" explique t-elle. Notre interlocutrice reste convaincue que  les clients ne manqueront pas. Elle  est installée à côté d'un espace vert très fréquenté par les jeunes de la capitale.
L'ambiance était joviale quand notre équipe de reportage arrivait au kiosque de Kafouné Diarra. Elle affirme que cette atmosphère de gaieté règne autour d'elle tous les jours aux heures du petit-déjeuner et du  déjeuner. Pourtant Kafouné ne manque pas de concurrent. Elle fait face à un fast food et à la gargote d'une vendeuse de riz. Sur place nous avons rencontré  Pierre Kassogué Attaché d'administration à la mairie de Korofina. Il est fidèle client depuis l'installation du kiosque en mars dernier. Il ne mange que chez Kafouné. Selon Pierre, cette initiative de l'Apej et de ses partenaires est salutaire. Elle doit être préservée. La promotion de ce  projet, juge- t-il  aidera à lutter contre les maladies diarrhéiques."  L'employé municipal suggère aux initiateurs de "Gasanu" de ne pas se limiter  aux diplômées du centre Aoua Keïta. " Toutes les vendeuses des brochettes et les gargotières de Bamako doivent être encadrées pour le bien-être de la population" a insisté Pierre Kassogué. La clientèle de Kafouné est composée de toutes les couches sociales. La recette journalière varie entre 10 000 et 15 000 fcfa. Elle est sollicitée pour préparer les victuailles de plusieurs séminaires et d'autres événements  de masse. L'entreprenante Kafouné engrange souvent  100 000 à 150 000 FCFA par semaine.
Nos premières interlocutrices  ont  toutes une employée. Elle bénéficie d'un salaire de 20 000 FCFA par mois.  Nous avons traversé le fleuve pour nous retrouver sur la rive droite du Djoliba. La cinquantaine révolue, Mme Fatoumata Coulibaly, était  au four et au moulin quand notre équipe se présenta devant son kiosque. Elle travaille à Torokorobougou en face de la mairie. Contrairement à nos premières interlocutrices, "Gasanu" est en passe de devenir une entreprise familiale pour cette ancienne cuisinière à la résidence du Fonds Monétaire International (FMI) à Bamako. Affectueusement appelée Fanta par ses clients, notre promotrice est assistée par ses sœurs pour assurer la bonne marche de l'entreprise. Elle ne gagne pas moins de 10 000 FCFA par jour confesse-t-elle. Les boulettes de haricot appelées " akra" ont consolidé la réputation de cordon bleu de Mme Fatoumata Coulibaly.

Mariam A.Traoré
L’Essor du 9/07/2010
 
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